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Gnaoua et Musiques du Monde souffle sur sa 22e bougie

Du 20 au 23 juin, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde, sera au rendez-vous dans son fief Souiri, ce «bateau ivre souvent balloté par un furieux vent», décrivait Et-Tayeb Houdaifa.

Alors que la Tagnaouite était en voie d’extinction, une poignée de femmes passionnées et d’hommes engagés la remirent en scelle. Dans l’irrésistible Essaouira, sanctuaire des musiques de transe, ces «illuminés raisonnables» ont créé un pèlerinage. Le travail accompli est sans égal, «car si cette musique a le vent en poupe à l’étranger, c’est en grande partie grâce au Festival Gnaoua et Musiques du Monde», témoigne un fidèle. Véritable acte de bravoure. «Marcus Miller ne délaisse plus son guembri, qu’on se le dise (rire)», ajoute-t-il.

Ce Festival, ne déroge jamais à la règle d’or de proposer gracieusement des spectacles singuliers. On nous promet des moments enfiévrés, à travers une programmation joyeusement éclectique et électrisante.

Maâlems et musiciens de World seront à l’unisson, et entremêleront harmonieusement leurs talents. On y trouve ce qui se fait de mieux en matière d’une Tagnaouite parfumée aux essences afro-cubaines (Maâlem Hassan Boussou  et Osain Del Monte), alliée au jazz (Majid Bekkas Afro Ganoua Jazz Ensemble), saupoudrée de blues-groovy (Maâlem Hassan Hakmoun & The Universal Force), dosée de soul et de rock (Maâlem Hamid El Kasri & Susheela Raman), accommodée à la sauce espagnole et pimentée de jazz (Maâlem Said Oughassal & Jorge Pardo). Tout cela dans une atmosphère qui privilégie l’excès jubilatoire. Ce Festival se distingue par son désir de vraie musique et son envie de décloisonner les genres. D’où les substantifs : Gnaoua et Musiques du Monde.

Le traditionnel n’est pas mis au second plan, le Festival avance une programmation exemplaire, mêlant pointures Rbatia (Maâlems Fathellah Chaouki, Rachid Ladhass, Mahjoub El Gouchi et Abderrazak Moustakim), Souiria (Maâlems Mokhtar Gania, Said El Bourki, Abdelmalek El Kadiri, Seddik El Arch et Abdelaziz Soudani), Chamalia (Maâlems Abdelouahed Stitou, Abdellah El Gourd, Abdelkader Haddada etAbdelmajid Domnati). Autres calibres : Maâlems Mustapha Baqbou, Abdelkbir Merchane, Mohamed Koyou, Rachid Hamzaoui, Kbiber & Moulay Tayeb Adhbi.

Pour marquer son édition, le Festival met deux cerises sur le gâteau : un groupe indestructible de reggae made in jamaica ; Third World, et les portes-paroles du désert ; Tinariwen.

Essaouira, ce «bateau ivre».Une ville où il fait bon flâner par les rues, les ruelles et les venelles. Le temps s’interrompe du fameux belvédère du haut du quel elle se contemple. Entre les concerts scandés par les mouettes et les Alizés, restant dans le ton (tenue débraillée, écharpe nila et chaussures légères), on tourne en rond, on passe et repasse devant les cafés qui bordent la place Abdellah Ben Yassine, prend d’assaut les terrasses, vibre avec les gnaoua à la sqala… Après cette infinité de plaisirs décoiffants, pourquoi ne pas y aller ?

Retrouvez la programmation complète ici

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